SCENE III
LES MEMES, HENRI, puis CATHERINE
HENRI
Salut, messieurs, salut…Villequier, qu'on prévienne madame ma mère de mon retour, et qu'on s'informe si l'on a apporté mon nouvel habit d'amazone…Ah! dites à la reine que je passerai chez elle, afin de fixer le jour de notre départ pour Chartres; car vous savez, Messieurs, que la reine et moi faisons un pèlerinage à Notre-Dame de Chartres, afin d'obtenir du ciel ce qu'il nous a refusé jusqu'à présent, un héritier de notre couronne. Ceux qui voudront nous suivre seront les bienvenus.
SAINT-MEGRIN
Sire, si, au lieu d'un pèlerinage à Notre-Dame de Chartres, vous ordonniez une campagne dans l'Anjou…si vos gentilshommes étaient revêtus de cuirasses au lieu de cilices, et portaient des épées en guise de cierges, Votre Majesté ne manquerait pas de pénitents, et vous me verriez au premier rang, sire, dussé-je faire la moitié de la route pieds nus sur des charbons ardents.
HENRI
Chaque chose aura son tour, mon enfant. Nous ne resterons pas en arrière dès qu'il le faudra; mais, en ce moment, grâce à Dieu, notre beau royaume de France est en paix, et le temps ne nous manque pas pour nous occuper de nos dévotions. Mais que vois-je! vous à ma cour, seigneur de Bussy? (A Catherine de Médicis qui entre) Venez, ma mère, venez: vous allez avoir des nouvelles de votre fils bien-aimé, qui, s'il eût été frère soumis et sujet respectueux, n'aurait jamais dû quitter notre cour…
CATHERINE
Il y revient, peut-être, mon fils…