—Mon fils n'a jamais porté que des bottes, reprit le marchand de jouets d'enfant; et il continua: A l'âge de dix ans, je l'envoyai à l'université de Tubingen, où il est resté jusqu'à l'âge de dix-huit ans, sans contracter aucune des mauvaises habitudes de ses autres camarades, sans boire, sans jurer, sans se battre. La seule faiblesse que je lui connaisse, c'est de laisser pousser les quatre ou cinq mauvais poils qu'il a au menton, sans vouloir permettre qu'un barbier lui touche le visage.
—Ainsi, reprit l'astrologue, votre fils n'a jamais fait sa barbe?
Élias ouvrait des yeux de plus en plus grands.
—Jamais, répondit Zacharias.
—Et, pendant ses vacances de l'université, continua l'astrologue, à quoi passait-il son temps?
—Mais, dit le père, il se tenait dans la boutique avec son joli petit costume d'étudiant, et, par pure galanterie, cassait les noisettes des jeunes filles qui venaient acheter des joujoux dans la boutique, et qui, à cause de cela, l'appelaient Casse-Noisette.
—Casse-Noisette? s'écria le mécanicien.
—Casse-Noisette? répéta à son tour l'astrologue.
Puis tous deux se regardèrent, tandis que Zacharias les regardait tous deux.
—Mon cher Monsieur, dit l'astrologue à Zacharias, j'ai l'idée que votre fortune est faite.