—Certainement, répondis-je, tout ému encore des dernières paroles de Marguerite et les yeux ardemment fixés sur elle.

—Bien, dit-elle, mets tout cela sur la petite table, approche-la du lit; nous nous servirons nous-mêmes. Voilà trois nuits que tu passes, tu dois avoir envie de dormir, va te coucher; je n'ai plus besoin de rien.

—Faut-il fermer la porte à double tour?

—Je le crois bien! Et surtout dis qu'on ne laisse entrer personne demain avant midi.

Chapitre XII

À cinq heures du matin, quand le jour commença à paraître à travers les rideaux, Marguerite me dit:

—Pardonne-moi si je te chasse, mais il le faut. Le duc vient tous les matins; on va lui répondre que je dors, quand il va venir, et il attendra peut-être que je me réveille.

Je pris dans mes mains la tête de Marguerite, dont les cheveux défaits ruisselaient autour d'elle, et je lui donnai un dernier baiser, en lui disant:

—Quand te reverrai-je?

—Écoute, reprit-elle, prends cette petite clef dorée qui est sur la cheminée, va ouvrir cette porte; rapporte la clef ici et va-t'en. Dans la journée, tu recevras une lettre et mes ordres, car tu sais que tu dois obéir aveuglément.