—Eh bien, Marguerite, laissez-moi louer cette maison moi-même.

—Êtes-vous fou? non seulement c'est inutile, mais ce serait dangereux; vous savez bien que je n'ai le droit d'accepter que d'un seul homme, laissez-vous donc faire, grand enfant, et ne dites rien.

—Cela fait que, quand j'aurai deux jours libres, je viendrai les passer chez vous, dit Prudence.

Nous quittâmes la maison et reprîmes la route de Paris tout en causant de cette nouvelle résolution. Je tenais Marguerite dans mes bras, si bien qu'en descendant de voiture, je commençais déjà à envisager la combinaison de ma maîtresse avec un esprit moins scrupuleux.

Chapitre XVII

Le lendemain, Marguerite me congédia de bonne heure, me disant que le duc devait venir de grand matin, et me promettant de m'écrire dès qu'il serait parti, pour me donner le rendez-vous de chaque soir.

En effet, dans la journée, je reçus ce mot:

«Je vais à Bougival avec le duc; soyez chez Prudence, ce soir, à huit heures.»

À l'heure indiquée, Marguerite était de retour, et venait me rejoindre chez madame Duvernoy.

—Et bien, tout est arrangé, dit-elle en entrant.