—Que faites-vous ici, à cette heure? demanda le jeune homme. Comment! vêtue de cette robe grise! Comment! les épaules nues!

—Il a été arrêté hier, dit Arsène; on est venu pour m'arrêter moi-même, je me suis sauvée comme j'étais et cette nuit, à onze heures, trouvant ma chambre trop petite et mon lit trop froid, j'en suis sortie, et suis venue ici.

Ces paroles étaient dites avec un singulier accent, sans gestes, sans inflexions; elles sortaient d'une bouche pâlie qui s'ouvrait et se refermait comme par un ressort: on eût dit un automate qui parlait.

—Mais, s'écria Hoffmann, vous ne pouvez rester ici!

—Où irais-je? Je ne veux rentrer d'où je sors que le plus tard possible; j'ai eu trop froid.

—Alors, venez avec moi, s'écria Hoffmann.

—Avec vous! fit Arsène.

Et il sembla au jeune homme que de cet œil morne tombait sur lui, à la lueur des étoiles, un regard dédaigneux, pareil à celui dont il avait déjà été écrasé dans le charmant boudoir de la rue de Hanovre.

—Je suis riche, j'ai de l'or, s'écria Hoffmann.

L'œil de la danseuse jeta un éclair.