Hoffmann laissa sa malle à moitié faite, un habit lie-de-vin à moitié battu, sa redingote à brandebourgs à moitié pliée, et resta immobile derrière son rideau.
C'est là que nous l'avons trouvé, attendant la sortie de celle qu'il avait vue entrer.
Il ne craignait qu'une chose: c'est que ce ne fût un ange, et qu'au lieu de sortir par la porte, elle ne s'envolât par la fenêtre pour remonter aux cieux.
C'est dans cette situation que nous l'avons pris, et que son ami Zacharias Werner vint le prendre après nous.
Le nouveau venu appuya du même coup, comme nous l'avons dit, sa main sur l'épaule et ses lèvres sur le front de son ami.
Puis il poussa un énorme soupir.
Quoique Zacharias Werner fût toujours très pâle, il était cependant encore plus pâle que d'habitude.
—Qu'as-tu donc? lui demanda Hoffmann avec une inquiétude réelle.
—Oh! mon ami, s'écria Werner.... Je suis un brigand! je suis un misérable! je mérite la mort... fends-moi la tête avec une hache... perce-moi le cœur avec une flèche. Je ne suis plus digne de voir la lumière du ciel.
—Bah! demanda Hoffmann avec la placide distraction de l'homme heureux; qu'est-il donc arrivé, cher ami?