Et Gottlieb se redressa, releva la tête, la renversa en arrière, et, à travers ses lunettes, momentanément posées sur les derniers confins de son nez, il regarda Hoffmann.
—Oui, oui, ajouta-t-il, tête de musicien, front de musicien, œil de musicien; et qu'êtes-vous? compositeur ou instrumentiste?
—L'un et l'autre, maître Gottlieb.
—L'un et l'autre! dit maître Gottlieb, l'un et l'autre! cela ne doute de rien, ces jeunes gens! Il faudrait toute la vie d'un homme, de deux hommes, de trois hommes pour être seulement l'un ou l'autre! et ils sont l'un et l'autre!
Et il fit un tour sur lui-même, levant les bras au ciel et ayant l'air d'enfoncer dans le parquet le tire-bouchon de sa jambe droite.
Puis, après la pirouette achevée s'arrêtant devant Hoffmann:
—Voyons, jeune présomptueux, dit-il, qu'as-tu fait en composition?
—Mais des sonates, des chants sacrés, des quintetti.
—Des sonates après Jean-Sébastien Bach! des chants sacrés après Pergolèse! des quintetti après François-Joseph Haydn! Ah! jeunesse! jeunesse!
Puis, avec un sentiment de profonde piété: