»—Coupe la figure de ce drôle d'un coup de fouet, dit le comte à son cocher, et passe!
»Et il se recoucha dans sa voiture.
»Le cocher leva son fouet; mais, avant que le fouet fût retombé, mon père avait tué le cocher d'un coup de pistolet.
»Il roula de son siège à terre.
»Les chevaux demeurèrent immobiles; mon père marcha à la voiture et ouvrit la portière.
»—Je ne viens point ici pour t'assassiner, quoique j'en aie le droit, étant en cas de légitime défense, mais pour me battre loyalement avec toi, dit-il au comte. Choisis: voici deux épées d'égale longueur, voici deux pistolets; des deux pistolets, un seul est chargé; ce sera véritablement le jugement de Dieu.
»Et il lui présenta, d'une main, les deux poignées d'épée, et, de l'autre, les deux crosses de pistolet.
»—On ne se bat point avec un vassal, reprit le comte; on le bat.
»Et, levant sa canne, il en frappa mon père à la joue.
»Mon père prit le pistolet chargé et le déchargea à bout portant dans le coeur du comte.