Nicolino conduisit le jeune aide de camp jusqu'à la porte de la rue, et, lui montrant la descente du Pausilippe et les rares lumières brillant encore dans Mergellina:

—Voilà votre chemin, lui dit-il; ne vous laissez ni suivre ni accoster.

Les deux jeunes gens échangèrent une poignée de main et se séparèrent.

Salvato jeta les yeux autour de lui: la rue était entièrement déserte, et, d'ailleurs, la tempête n'était point encore calmée, et, quoique la pluie eût cessé de tomber, de nombreux et fréquents éclairs, accompagnés du grondement de la foudre, continuaient d'éclater sur tous les points du ciel.

En dépassant l'angle le plus obscur du palais de la reine Jeanne, il lui sembla entrevoir la silhouette d'un homme se dessinant sur le mur; il ne jugea point que cela valût la peine de s'arrêter; armé comme il l'était, que lui faisait un homme?

Au bout de vingt pas, il tourna cependant la tête en arrière: il ne s'était point trompé: l'homme traversait la route et semblait vouloir prendre la gauche du chemin.

Dix pas plus loin, il crut distinguer, au-dessus du mur qui, du côté de la mer, sert de parapet à la route, une tête qui, à son approche, disparut derrière ce mur; il se pencha sur le parapet, regarda de l'autre côté, et ne vit qu'un jardin avec des arbres touffus, dont les branches montaient à la hauteur du parapet.

Pendant ce temps, l'autre homme avait gagné du terrain et marchait parallèlement à lui; Salvato affecta de s'en rapprocher, sans cependant perdre de vue l'endroit où la tête avait disparu.

A la lueur d'un éclair, il vit alors derrière lui un homme qui enjambait le mur et qui, comme lui, descendait vers Mergellina.

Salvato mit la main à sa ceinture, s'assura que ses pistolets ne pouvaient sortir facilement, et continua son chemin.