—Dictez, cardinal.
—Puisque Votre Majesté l'ordonne, dit Ruffo en s'inclinant.
Et il dicta.
«Très-excellent frère, cousin et neveu, allié et confédéré,
»Je dois vous instruire sans retard de ce qui vient de se passer hier soir au palais de l'ambassadeur d'Angleterre. Lord Nelson, ayant relâché à Naples, au retour d'Aboukir, et sir William Hamilton lui donnant une fête, le citoyen Garat, ministre de la République, a pris cette occasion de me déclarer la guerre de la part de son gouvernement.
»Faites-moi donc, par le retour du même courrier que je vous envoie, très-excellent frère, cousin et neveu, allié et confédéré, savoir quelles sont vos dispositions pour la prochaine guerre, et surtout l'époque précise à laquelle vous comptez vous mettre en campagne, ne voulant absolument rien faire qu'en même temps que vous et d'accord avec vous.
»J'attendrai la réponse de Votre Majesté pour me régler en tout point sur les instructions qu'elle me donnera.
»La présente n'étant à autre fin, je me dis, en lui souhaitant toute sorte de prospérités, de Votre Majesté, le bon frère, cousin et oncle, allié et confédéré.»
—Ouf! fit le roi.
Et il leva la tête pour interroger le cardinal.