—A quelle heure, demanda Cirillo s'adressant moitié à Salvato, moitié à Luisa, à quelle heure le blessé a-t-il repris connaissance?
Luisa se hâta de répondre pour Salvato:
—A cinq heures du matin, mon ami, et juste au moment où l'aube se levait.
Le blessé sourit; c'était aux premiers rayons de cette aube qu'il avait entrevu Luisa.
—Qu'avez-vous pensé en vous trouvant dans cette chambre et en voyant près de vous une personne inconnue?
—Ma première idée fut que j'étais mort et qu'un ange du Seigneur venait me chercher pour m'enlever au ciel.
Luisa fit un mouvement pour s'effacer derrière Cirillo; mais Salvato allongea vers elle la main d'un mouvement si brusque, que Cirillo arrêta la jeune femme et la ramena en vue du blessé.
—Il vous a pris pour l'ange de la mort, lui dit Cirillo; prouvez-lui qu'il se trompait et que vous êtes, au contraire, l'ange de la vie.
Luisa poussa un soupir, appuya la main sur son coeur, sans doute pour en comprimer les battements, et, cédant, sans avoir la force de résister, à la contrainte que lui imposait Cirillo, elle se rapprocha du blessé.
Les regards des deux beaux jeunes gens se croisèrent alors et ne se détachèrent plus l'un de l'autre.