Le blessé fit un signe de tête; mais Luisa intervint.
—Je vais vous le donner si vous voulez, dit-elle; mais ce sera bien inutile, les poches sont vides.
Et, comme Cirillo lui demandait des yeux: «Comment le savez-vous?»
—Notre premier soin, répondit Luisa à cette interrogation muette, a été de chercher, là où il pouvait se trouver, un renseignement qui pût nous aider à établir l'identité du blessé. S'il eût eu une mère ou une soeur à Naples, mon premier devoir, au risque de ce qui pouvait arriver, était de les prévenir. Nous n'avons rien trouvé, n'est-ce pas, Nina?
—Absolument rien, madame.
—Et quels étaient ces papiers qui sont à cette heure entre les mains de vos ennemis? vous le rappelez-vous, Salvato?
—Il n'y en avait qu'un seul, la lettre du général Championnet, recommandant à l'ambassadeur de France de maintenir autant que possible la bonne intelligence entre les deux États, attendu qu'il n'était point encore en mesure de faire la guerre.
—Lui parlait-il des patriotes qui se sont mis en communication avec lui?
—Oui, pour lui dire de les calmer.
—Les nommait-il?