—Oh! pas si bête, mon amiral!

—Merci.

—Non; j'ai demandé et obtenu la place de frère quêteur. Il y a de la distraction dans l'emploi. Si j'avais été obligé de m'enfermer dans le couvent avec tous ces imbéciles de moines, je serais mort d'ennui, Votre Excellence comprend bien. Mais le frère quêteur n'a pas le temps de s'ennuyer; il court dans tous les quartiers de Naples, depuis la Marinella jusqu'au Pausilippe, depuis le Vomero jusqu'au môle; puis on rencontre des amis sur le port, et l'on boit un verre de vin que personne ne paye.

—Comment! que personne ne paye? Esposito, mon ami, il me semble que tu t'égares.

—Au contraire, je suis le droit chemin.

—Est-ce que les commandements de Dieu ne disent pas: «Le bien d'autrui tu ne prendras?...

—Est-ce que le cordon de Saint-François n'est pas là, mon amiral? Est-ce que tout ce qui touche ce bienheureux cordon n'est point la roba du moine? On touche une carafe, deux carafes, trois carafes; on offre une prise de tabac au marchand de vin, sa manche à baiser à la marchande, et tout est dit.

—C'est vrai; je ne me rappelais pas ce privilége.

—Et puis, mon amiral, continua Esposito d'un air satisfait de lui-même, Votre Excellence doit remarquer que l'on n'a point trop mauvaise mine sous la robe; moins bonne mine, je le sais, que sous l'uniforme; mais, enfin, il en faut pour tous les goûts, et, si je crois ce que l'on dit dans le couvent...

—Eh bien?