Puis, jetant dans la chambre son fusil dont le bois s'était cassé par la violence du coup, il prit de chaque main un pistolet de tir, et les deux premiers assaillants qui se montrèrent, reçurent, l'un une balle dans la tête, l'autre une balle dans la poitrine.

Tous deux tombèrent en dehors, et restèrent sans mouvement sur le pavé.

Les cris de rage redoublèrent; de tous les côtés du quai, on accourait pour prêter main-forte aux assaillants.

Don Clemente Filomarino entendit en ce moment craquer la porte d'entrée et des pas s'approcher de la chambre.

Il courut à la porte et la ferma à la clef.

C'était un bien faible rempart contre la mort.

Il n'avait pas eu le temps de recharger ses pistolets, et son fusil était brisé; mais il lui restait le canon, armé des batteries, dont il pouvait se servir comme d'une masse; il lui restait ses épées de duel.

Il les décrocha de la muraille, les posa derrière lui sur une chaise, ramassa le canon de son fusil, et résolut de se défendre jusqu'à la dernière extrémité.

Un nouvel assaillant parut à la fenêtre, le fusil s'abattit sur lui; s'il eût atteint la tête, il l'eût fendue; mais, par un mouvement rapide, l'homme sauva son crâne et reçut le coup de massue sur l'épaule. Il saisit le fusil, se cramponna des deux mains aux parties saillantes, sous-garde et batterie. Don Clemente vit que c'était une lutte à soutenir, pendant laquelle on pouvait enfoncer la porte; il abandonna l'arme au moment où son adversaire s'attendait à la résistance: le point d'appui lui manquant, l'homme tomba à la renverse; mais don Clemente perdait son arme la plus terrible.

Il sauta sur ses épées.