—Certainement, et de bonne source, c'est Peppino qui nous l'a dit.
—Et comment vous a-t-il dit cela?
—Il a dit: «Fra Michele est venu demander Francesca en mariage à don Antonio, et il a emporté une veste.»
—Il n'a rien ajouté?
—Si fait; il a ajouté que, si la veste ne te suffisait pas, il se chargerait de te donner la culotte, ce qui te ferait le vêtement complet.
—Ce sont ses paroles?
—Je n'y change pas une syllabe.
—Tu as raison, dit Michele Pezza après un moment de silence, pendant lequel il s'était assuré que son couteau était bien dans sa poche, j'ai besoin de distraction; allons jouer aux boules.
Et il sortit avec Gaetano.
Les deux compagnons descendirent d'un pas rapide mais calme, qui au reste était plutôt réglé par Gaetano que par Michele, la grande rue conduisant à Fondi; puis ils appuyèrent à gauche, c'est-à-dire du côté de la mer, vers une double allée de platanes qui servait de promenade aux gens raisonnables d'Itri, et de gymnase aux enfants et aux jeunes gens. Là, vingt groupes divers jouaient à vingt jeux différents, mais particulièrement à ce jeu qui consiste à se rapprocher le plus possible d'une petite boule avec de grosses boules.