Ferdinand alla droit au dormeur, et, du bout de la main, lui toucha l'épaule.

Si légère qu'eut été la pression, celui-ci se réveilla immédiatement et se mit sur son séant, regardant autour de lui avec cet oeil effaré de l'homme que l'on éveille au milieu de son premier sommeil; mais, aussitôt, reconnaissant le roi, il se laissa glisser de son lit de camp et se tint debout et les coudes au corps, attendant les ordres de Sa Majesté.

—Peux-tu partir? lui demanda le roi.

—Oui, sire, répondit Ferrari.

—Peux-tu aller à Vienne sans t'arrêter?

—Oui, sire.

—Combien de jours te faut-il pour aller à Vienne?

—Au dernier voyage, sire, j'ai mis cinq jours et six nuits; mais je me suis aperçu que je pouvais aller plus vite et gagner douze heures.

—Et à Vienne, combien de temps te faut-il pour te reposer?

—Le temps qu'il faudra à la personne à laquelle Votre Majesté écrit pour me donner une réponse.