—J'en conviens.

—Bien à moi?

—Oui.

Pezza se pencha à son oreille, et, à voix basse:

—Eh bien, lui dit-il, je te la rends, ou plutôt je te la prête; seulement, le jour où tu épouseras Francesca, je te la reprendrai, tu entends?

—Ah! misérable! s'écria Peppino, tu es le démon en personne! et ce n'est pas fra Michele qu'il faut t'appeler, c'est fra Diavolo!

—Appelle-moi comme tu voudras, dit Pezza; mais souviens-toi que ta vie m'appartient et que, le cas que tu sais échéant, je ne te demanderai pas la permission de te la reprendre.

Et il se releva, essuya le sang de son couteau à la manche de sa chemise, et, le remettant tranquillement dans sa poche:

—Maintenant, continua-t-il, tu es libre, Peppino, et personne ne t'empêche plus de reprendre ta partie de boules.

Et il s'éloigna lentement, saluant de la tête et de la main ses jeunes compagnons, qu'il laissait abasourdis et se demandant ce qu'il avait pu dire à Peppino qui maintint celui-ci immobile et à demi soulevé de terre, dans l'attitude du gladiateur blessé.