—Aucun, monsieur; je crains seulement que ma présence ne leur soit désagréable.
—Impossible.
—Je sais à qui j'ai l'honneur de parler, monsieur; vous êtes le comte de Châtillon, chevalier d'honneur de Leurs Altesses royales, et c'est un avantage que j'ai sur vous, car vous ne savez pas qui je suis.
—Vous êtes, je puis le certifier, monsieur, un homme du monde et de parfaite courtoisie.
—Et c'est pour cela, monsieur, que j'ai été choisi par la Convention pour avoir le fatal honneur de lire au roi Louis XVI sa sentence de mort.
Le comte de Châtillon fit un bond en arrière, comme s'il se fût trouvé tout à coup en face d'un serpent.
—Mais, alors, vous êtes le conventionnel Garat? s'écria-t-il.
—Lui-même, monsieur le comte; vous voyez, si mon nom fait cet effet sur vous qui n'étiez point parent, que je sache, du roi Louis XVI, quel effet il produirait sur ces pauvres princesses, qui étaient ses tantes. Il est vrai, ajouta l'ambassadeur avec son fin sourire, qu'elles n'aimaient guère leur neveu de son vivant; mais, aujourd'hui, je sais qu'elles l'adorent; la mort est comme la nuit: elle porte conseil.
M. le comte de Châtillon salua et alla reporter le résultat de la conversation qu'il venait d'avoir à mesdames Victoire et Adélaïde.