Peppino respira; il ne voyait la mort nulle part mais, au contraire, il voyait la vie partout.

Il est si bon de vivre quand on vient d'épouser la femme que l'on aime, et que l'on est enfin arrivé au jour attendu depuis deux ans!

Un instant il oublia Michele Pezza et sa dernière menace, dont il était pâle encore.

Quant à don Antonio, moins préoccupé que Peppino, il avait retrouvé, à la porte, la voiture brisée, et, sur la terrasse, le propriétaire de la voiture.

Il alla à lui en se grattant l'oreille.

Le travail faisait tache dans un pareil jour.

—Ainsi, demanda-t-il à l'ambassadeur, qu'il continuait de prendre purement et simplement pour un voyageur de distinction, Votre Excellence tient absolument à continuer sa route aujourd'hui?

—Absolument, répondit le citoyen Garat. Je suis attendu à Rome pour affaire de la plus haute importance, et j'ai déjà perdu, à l'accident qui m'est arrivé aujourd'hui, quelque chose comme trois ou quatre heures.

—Allons, allons, un honnête homme n'a que sa parole; j'ai dit que, quand vous nous auriez fait l'honneur de boire avec nous un verre de vin à l'heureuse union de ces enfants, on travaillerait; buvons et travaillons.

On remplit tout ce qu'il y avait de verres sur la table, on donna à l'étranger le verre d'honneur, orné d'un filet d'or. L'ambassadeur, pour tenir sa parole, but à l'heureuse union de Francesca et de Peppino; les jeunes filles crièrent: «Vive Peppino!» les jeunes garçons: «Vive Francesca!» et tambours et guitares firent éclater leur tarentelle la plus joyeuse.