—Je n'ose demander à Votre Majesté ce que lui annonce cette lettre.
—Oh! demandez, demandez, Votre Éminence. Elle m'annonce qu'au retour de la fête et à la suite de nouvelles importantes reçues, M. le capitaine général Acton et Sa Majesté la reine ont décidé qu'il y aurait conseil extraordinaire aujourd'hui mardi. Que le bon Dieu bénisse la reine et M. Acton! Est-ce que je les tourmente, moi? Qu'ils fassent donc ce que je fais, qu'ils me laissent tranquille.
—Sire, répliqua Ruffo, pour cette fois, je suis obligé de donner raison à Sa Majesté la reine et à M. le capitaine général; un conseil extraordinaire me paraît de toute nécessité, et plus tôt il aura lieu, mieux cela vaudra.
—Eh bien, alors, vous en serez, mon cher cardinal.
—Moi, sire? Je n'ai point droit d'assister au conseil!
—Mais, moi, j'ai le droit de vous y inviter.
Ruffo s'inclina.
—J'accepte, sire, dit-il; d'autres y apporteront leur génie, j'y apporterai mon dévouement.
—C'est bien. Dites à la reine que je serai demain au conseil à l'heure qu'elle m'indiquera, c'est-à-dire à neuf heures. Votre Éminence entend?
—Oui, sire.