—Certainement qu'il faut le voir, dit le roi. Commençons par toi, Ariola. Voyons! On parle de 65,000 hommes. Où sont-ils, tes 65,000 hommes?
—Où ils sont, sire?
—Oui, montre-les-moi.
—Rien de plus facile, et le capitaine général Acton est là pour dire à Votre Majesté si je mens.
Acton fit de la tête un signe affirmatif.
Ferdinand regarda Acton de travers. Il lui prenait parfois des caprices, non pas d'être jaloux, il était trop philosophe pour cela, mais d'être envieux. Aussi, le roi présent, Acton ne donnait-il signe d'existence que si Ferdinand lui adressait la parole.
—Le capitaine général Acton répondra pour lui, si je lui fais l'honneur de l'interroger, dit le roi; en attendant, réponds pour toi, Ariola. Où sont tes 65,000 hommes?
—Sire, 22,000 au camp de San-Germano.
Au fur et à mesure qu'Ariola énumérait, Ferdinand, avec un mouvement de tête, comptait sur ses doigts.
—Puis 16,000 dans les Abruzzes, continua Ariola, 8,000 dans la plaine de Sessa, 6,000 dans les murs de Gaete, 10,000 tant à Naples que sur les côtes, enfin 3,000 tant à Bénévent qu'à Ponte-Corvo.