—Eh bien, fit sir William renouant la conversation, Sa Seigneurie lord Nelson est venue hier passer la soirée à Caserte, et, en partant, nous a laissé, à lady Hamilton et à moi, une lettre que je crois de mon devoir de communiquer à Votre Majesté.

—La lettre est écrite en anglais?

—Lord Nelson ne parle que cette langue; mais, si Votre Majesté le désire, j'aurai l'honneur de la lui traduire en italien.

—Lisez, sir William, dit le roi; nous écoutons.

Et, en effet, pour justifier le pluriel employé par lui, le roi fit signe à Ruffo d'écouter pendant qu'il écoutait lui-même.

Voici le texte même de la lettre, que sir William traduisait de l'anglais en italien pour le roi, et que nous traduisons de l'anglais en français pour nos lecteurs [1]:

Note 1: [(retour) ]

Nous ne changeons pas une syllabe à la lettre de Nelson, que l'on doit accepter comme une pièce historique de la plus haute importance, puisque c'est elle qui décida Ferdinand IV à faire la guerre à la France.

A Lady Hamilton.

»Naples, 3 octobre 1798.

»Ma chère madame,