—Voulez-vous la dicter comme le reste de la lettre, monsieur? demanda le jeune officier.
—Comment! vous ne savez pas écrire une adresse à présent?
—Je ne sais si je dois dire monsieur le général ou citoyen général.
—Mettez citoyen, dit Mack; pourquoi donner à ces gens-là un autre titre que celui qu'ils prennent?
Le jeune homme écrivit l'adresse, cacheta la lettre et se leva.
—Maintenant, monsieur, dit Mack, vous allez monter à cheval et porter cette lettre le plus rapidement possible au général français. Je lui donne, comme vous l'avez vu, quatre heures pour prendre une décision. Vous pouvez attendre sa décision pendant quatre heures, mais pas une minute de plus. Quant à nous, nous continuerons de marcher; il est probable qu'à votre retour, vous nous trouverez entre Anagni et Valmonte.
Le jeune homme s'inclina devant le général, salua profondément le roi, et partit pour accomplir sa mission.
Aux avant-postes français, qu'il rencontra à Frosinone, il fut arrêté; mais, lorsqu'il eut décliné ses titres au général Duchesne, qui dirigeait la retraite sur ce point, et montré la dépêche qu'il était chargé de remettre à Championnet, le général ordonna de le laisser passer. Cet obstacle franchi, le messager continua son chemin vers Rome, où il arriva le lendemain vers neuf heures et demie du matin.
A la porte San-Giovanni, il lui fut fait quelques nouvelles difficultés; mais, sa dépêche exhibée, l'officier français qui avait la garde de cette porte, demanda au jeune major s'il connaissait Rome, et, sur sa réponse négative, il lui donna un soldat pour le conduire au palais du général.
Championnet venait de faire une promenade sur les remparts ou plutôt autour des remparts, avec son aide de camp Thiébaut, celui de tous ses officiers qu'il aimait le mieux après Salvato, et le général du génie Éblé, arrivé seulement depuis deux jours, lorsqu'à la porte du palais Corsini, il trouva un paysan qui l'attendait; ce paysan, par son costume, semblait appartenir à l'ancienne province du Samnium.