—Ouvre la fenêtre, Giovannina, dit la jeune femme.
Giovannina obéit.
Un peu au-dessous de l'appui de la fenêtre, on distinguait dans l'obscurité un groupe formé par un homme et un cheval; la fenêtre s'ouvrait de plain-pied avec le parquet sur un petit balcon.
Les deux jeunes gens s'approchèrent; Nina, qui avait ouvert la fenêtre, s'effaça et se tint derrière eux comme une ombre.
Tous deux pleuraient dans l'obscurité, mais silencieusement, sans sanglots, pour ne point s'affaiblir l'un l'autre.
Nina ne pleurait pas, ses paupières étaient sèches et brûlantes, sa respiration sifflait dans sa poitrine.
—Luisa, disait Salvato d'une voix entre-coupée, j'ai roulé dans un papier une chaîne d'or pour Nina, vous la lui donnerez de ma part.
Luisa répondit oui par un mouvement de tête et un serrement de main, mais sans parler.
Puis, au jeune lazzarone:
—Merci, Michele, dit Salvato. Tant que vivra dans mon coeur le souvenir de cet ange,—et il passa son bras autour du cou de la San-Felice,—c'est-à-dire tant que mon coeur battra, chacun de ses battements me rappellera le souvenir des bons amis entre les mains desquels je la laisse et à qui je la confie.