Aspiré qu'à lutter de respect et d'amour.

Elena San-Clemente.

—Voyez donc, dit la reine, tandis que les hommes s'émerveillaient sur les mérites de l'acrostiche et que les dames s'étonnaient elles-mêmes d'avoir si bien fait, voyez donc, général Acton, comme la marquise de San-Clemente a une charmante écriture.

Le général Acton s'approcha d'une bougie, s'écartant en même temps du groupe comme s'il eût voulu relire l'acrostiche, compara l'écriture de la lettre avec celle du huitième vers, et, rendant avec un sourire le précieux et terrible autographe à Caroline:

—Charmante, en effet, dit-il.

XLII

LES VERS SAPHIQUES

La double louange de la reine et du capitaine général Acton à l'égard de l'écriture de la marquise de San-Clemente, passa sans que personne, pas même celle qui était l'objet de cette louange, eût l'idée d'y attacher l'importance qu'elle avait en réalité.

La reine s'empara de l'acrostiche, promettant à Emma de le lui rendre le lendemain, et, comme cette première glace qui fait la froideur du commencement de toute soirée était brisée, chacun se mêla dans cette charmante confusion que la reine savait créer dans son intimité, par l'art qu'elle avait de faire oublier toute gêne en bannissant toute étiquette.

La conversation devint flottante; les lèvres ne laissèrent plus tomber, mais lancèrent les paroles; le rire montra ses dents blanches; hommes et femmes se croisèrent; chacun alla, selon sa sympathie, chercher l'esprit ou la beauté, et, au milieu de ce doux bruissement qui semble un ramage d'oiseaux, on sentit s'attiédir et s'imprégner des émanations parfumées de la jeunesse cette atmosphère, dont tant de fraîches haleines et tant de doux parfums faisaient une espèce de philtre invisible, insaisissable, enivrant, composé d'amour, de désirs et de volupté.