Le même jour, il fit afficher cette proclamation:

«Romains!

»Je vous avais promis d'être de retour à Rome avant vingt jours; je vous tiens parole, j'y rentre le dix-septième.

»L'armée du despote napolitain a osé présenter le combat à l'armée française.

»Une seule bataille a suffi, pour l'anéantir, et, du haut de vos remparts, vous pouvez voir fuir ses débris vers Naples, où les précéderont nos légions victorieuses.

»Trois mille morts et cinq mille blessés étaient couchés hier sur le champ de bataille de Civita-Castellana; les morts auront la sépulture honorable du soldat tué sur le champ de bataille, c'est-à-dire le champ de bataille lui-même; les blessés seront traités comme des frères; tous les hommes ne le sont-ils pas aux yeux de l'Éternel qui les a créés!

»Les trophées de notre victoire sont cinq mille prisonniers, huit drapeaux, quarante-deux pièces de canon, huit mille fusils, toutes les munitions, tous les bagages, tous les effets de campement et enfin le trésor de l'armée napolitaine.

»Le roi de Naples est en fuite pour regagner sa capitale, où il rentrera honteusement, accompagné des malédictions de son peuple et du mépris du monde.

»Encore une fois, le Dieu des armées a béni notre cause.—Vive la République!

»CHAMPIONNET.»