Le roi se mit à lire; mais, à la deuxième ou troisième ligne, sa figure se décomposa tout à coup, et, changeant d'expression, s'assombrit visiblement.

La reine et Acton échangèrent un regard, et leurs yeux se fixèrent avidement sur cette lettre, que le roi continuait de lire avec une agitation croissante.

—Ah! fit le roi, voilà, par saint Janvier, qui est étrange, et, à moins que la peur ne m'ait donné la berlue...

—Mais qu'y a-t-il donc, sire? demanda la reine.

—Rien, madame, rien... Sa Majesté l'empereur m'annonce une nouvelle à laquelle je ne m'attendais pas, voilà tout.

—A l'expression de votre visage, sire, je crains qu'elle ne soit mauvaise.

—Mauvaise! vous ne vous trompez point, madame; nous sommes dans notre jour; vous le savez, il y a un proverbe qui dit: «Les corbeaux volent par troupes.» Il paraît que les mauvaises nouvelles sont comme les corbeaux.

En ce moment, un valet de pied s'approcha du roi, et, se penchant à son oreille:

—Sire, lui dit-il, la personne que Votre Majesté a fait demander en descendant de voiture, et qui, par hasard, était à San-Leucio, attend Votre Majesté dans son appartement.

—C'est bien, répondit le roi, j'y vais. Attendez. Informez-vous si Ferrari... C'est lui qui était porteur de ma nouvelle dépêche, n'est-ce pas?