—Peu importe, dit le courrier; je peux répondre à Votre Majesté que j'ai bonne mémoire.
—De sorte que tu es sûr de rapporter à ton auguste souverain ce que je vais te dire?
—Sans y changer une syllabe.
—Eh bien, dis-lui de ma part, entends-tu bien? de ma part...
—J'entends, sire.
—Dis-lui que son frère et cousin, oncle et beau-père, allié et confédéré le roi Ferdinand est un âne.
Le courrier recula effrayé.
—N'y change pas une syllabe, reprit le roi, et tu auras dit la plus grande vérité qui soit jamais sortie de ta bouche.
Le courrier se retira stupéfié.
—Et maintenant, dit le roi, comme j'ai dit à Sa Majesté l'empereur d'Autriche tout ce que j'avais à lui dire, partons.