—Songez que ce n'est plus l'heure de plaisanter.
—Par quelle torture vous plaît-il de commencer, monsieur?
—Par l'estrapade, répondit Vanni exaspéré de ce sang-froid. Exécuteur, enlevez l'habit de monsieur.
—Pardon! si vous voulez bien le permettre, je l'ôterai moi-même; je suis très-chatouilleux.
Et, avec la plus grande tranquillité, Nicolino enleva son habit, sa veste et sa chemise, mettant au jour un torse juvénile et blanc, un peu maigre peut-être, mais de forme parfaite.
—Encore une fois, vous ne voulez pas avouer? cria Vanni en secouant désespérément sa tabatière.
—Allons donc! répondit Nicolino, est-ce qu'un gentilhomme a deux paroles? Il est vrai, ajouta-t-il dédaigneusement, que vous ne pouvez point savoir cela, vous.
—Liez-lui les mains derrière le dos, liez-lui les mains, cria Vanni; attachez-lui un poids de cent livres à chaque pied et levez-le jusqu'au plafond.
Les aides du bourreau se précipitèrent sur Nicolino pour exécuter l'ordre du procureur fiscal.
—Un instant, un instant! cria maître Donato, des égards, des précautions. Il faut que cela dure; disloquez, mais ne cassez pas; c'est de la roba aristocratique.