»Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution de la présente ordonnance.

»CHAMPIONNET.»

Il est curieux que les deux monuments décrétés à Virgile, l'un à Mantoue, l'autre à Naples, aient été décrétés par deux généraux français: celui de Mantoue par Miollis; celui de Naples par Championnet.

Après soixante-cinq ans, la première pierre de celui de Naples n'est point encore posée.

XCIV

OU LE LECTEUR RENTRE DANS LA MAISON
DU PALMIER.

La nécessité où nous avons été de suivre sans interruption les événements politiques et militaires à la suite desquels Naples était tombée au pouvoir des Français, nous a forcé de nous éloigner de la partie romanesque de notre récit et de laisser de côté les personnages passifs qui subissaient ces événements, pour nous occuper, au contraire, des personnages actifs qui les dirigeaient. Que l'on nous permette donc, maintenant que nous avons donné aux acteurs épisodiques de cette histoire toute l'importance qu'ils réclamaient, de revenir aux premiers rôles sur lesquels doit se concentrer tout l'intérêt de notre drame.

Au nombre de ces personnages, pour lesquels on nous accuse peut-être, mais à tort, d'oubli, est la pauvre Luisa San-Felice, qu'au contraire nous n'avons pas perdue de vue un seul instant.

Restée évanouie entre les bras de son frère de lait Michele, sur la plage de la Vittoria, tandis que son mari, fidèle à la fois à ses devoirs envers son prince et à ses promesses envers son ami, rejoignait le duc de Calabre, au risque de sa vie, et laissait Luisa à Naples, au risque de son bonheur, Luisa, reportée dans la voiture, avait été ramenée, au grand étonnement de Giovannina, à la maison du Palmier.

Michele, qui ignorait les causes réelles de cet étonnement auquel le sourcil froncé et l'oeil presque menaçant de Giovannina donnaient un caractère tout particulier, raconta les choses comme elles s'étaient passées.