En Italie, il y a l'homicide et le tyrannicide.
L'homicide est l'assassinat d'individu à individu. Le tyrannicide est l'assassinat du citoyen au tyran ou à l'agent du despotisme.
Nous avons vu, au reste, des peuples du Nord--et nous citerons les Allemands--partager cette grave erreur morale.
Les Allemands ont presque élevé des autels à Karl Sand, qui a assassiné Rotzebüe, et à Staps, qui a tenté d'assassiner Napoléon.
Le meurtrier inconnu de Rossi et Agésilas Milano, qui a tenté de tuer d'un coup de baïonnette le roi Ferdinand II au milieu d'une revue, sont considérés à Rome et à Naples, non point comme des assassins, mais comme des tyrannicides.
Cela ne justifie pas, mais explique les attentats des Italiens.
Sous quelque despotisme qu'ait été courbée l'Italie, l'éducation des Italiens a toujours été classique et, par conséquent, républicaine.
Or, l'éducation classique glorifie l'assassinat politique, que nos lois flétrissent, que notre conscience réprouve.
Et cela est si vrai, que non-seulement la popularité de Louis-Philippe s'est soutenue, grâce aux nombreux attentats dont il a failli être victime pendant dix-huit ans de règne, mais encore qu'elle s'en était accrue.
Faites dire en France une messe en l'honneur de Fieschi, d'Alibaud, de Lecomte, à peine si une vieille mère, une soeur pieuse, un fils innocent du crime paternel, oseront y assister.