En effet, depuis le départ du roi, la bannière royale avait disparu de dessus le château, comme, en l'absence du chef de l'État, le drapeau disparaît du dôme des Tuileries.
La bannière royale fut déployée selon le désir du peuple.
Alors, la foule, et particulièrement les soldats qui venaient de se laisser désarmer, demandèrent des armes et des munitions.
Le commandant répondit que, ayant les armes et les munitions en compte et sous sa responsabilité, il ne pouvait délivrer ni un seul fusil ni une seule cartouche, sans l'ordre du vicaire général.
Que l'on vînt avec un ordre du vicaire général, et il était prêt à tout donner, même le château.
Mais, tandis que l'inspecteur de la cantine Minichini, parlementait avec le peuple, le régiment samnite, qui avait la garde des portes, les ouvrit au peuple.
La foule se précipita dans le château et en chassa le commandant et les officiers.
Le même jour et à la même heure, comme si c'était un mot d'ordre,--et probablement, en effet, en était-ce un,--les lazzaroni s'emparèrent des trois autres châteaux, Saint-Elme, de l'Oeuf et del Carmine.
Était-ce mouvement instantané du peuple? était-ce impulsion du vicaire général, qui voyait dans la dictature populaire un double moyen de neutraliser les projets des patriotes et d'exécuter les instructions incendiaires de la reine?
La chose demeura un mystère; mais, quoique les causes restassent cachées, les faits furent visibles.