Cette bannière, gage pour eux de la fidélité du commandant, réjouissait les yeux des lazzaroni.

Sa longue-vue à la main, Nicolino cherchait vainement dans les rues de Naples quelques figures de connaissance. On le sait, Maliterno n'était point rentré à Naples; Rocca-Romana se tenait caché; Manthonnet, Schipani, Cirillo et Velasco attendaient.

A deux heures de l'après-midi, on releva les sentinelles, comme cela se pratiquait, de deux heures en deux heures.

Il sembla à Nicolino que la sentinelle qui se trouvait la plus proche de lui, lui faisait un signe de tête.

Il ne parut point l'avoir remarqué; mais, au bout de quelques secondes, il tourna de nouveau les yeux de son côté.

Cette fois, il ne lui resta aucun doute. Ce signe avait été d'autant plus visible que les trois autres sentinelles, les yeux fixés, les unes à l'horizon du côté de Capoue, où l'on s'attendait à voir déboucher les Français, les autres sur Naples, se débattant sous le fer et au milieu du feu, ne faisaient aucune attention à la quatrième sentinelle et au prisonnier.

Nicolino put donc se diriger vers le factionnaire et passer à un pas de lui.

--Aujourd'hui, en dînant, faites attention à votre pain, lui jeta en passant la sentinelle.

Nicolino tressaillit et continua sa route.

Son premier mouvement fut un mouvement de crainte: il crut qu'on voulait l'empoisonner.