L'ARRESTATION
Il était deux heures de l'après-midi au moment où Michele sortit de chez le général Championnet.
Il sauta dans le premier corricolo venu, et, par le même procédé qu'il était arrivé, en changeant de véhicule à Portici et à Castellamare, il se trouva à Salerne un peu avant cinq heures.
A cent pas de l'auberge, il descendit, régla ses comptes avec son dernier cocher et rentra à pied à l'hôtel, sans faire plus de bruit que, s'il venait de faire une promenade à Eboli ou à Montalta.
Luisa n'était pas encore de retour.
A six heures, on entendit le bruit d'une voiture; Michele courut à la porte: c'étaient sa soeur de lait et Salvato qui revenaient de Poestum.
Michele ne connaissait pas Poestum; mais, en admirant le visage rayonnant des deux jeunes gens, il dut penser qu'il y avait de bien belles choses à voir à Poestum.
Et, en effet, il semblait que Luisa eût la tête ceinte d'une auréole de bonheur et Salvato d'un rayon d'orgueil.
Luisa était plus belle, Salvato était plus grand.
Quelque chose d'inconnu, et de visible cependant, s'était complété dans la beauté de Luisa. Il y avait en elle cette différence qu'il dut y avoir entre Galathée statue, et Galathée femme.