Salvato la serra contre son coeur. Il est évident qu'il trouvait, comme Luisa, que Poestum était le paradis du monde.
Les deux jeunes gens, d'un pas si léger qu'il semblait effleurer les marches de l'escalier, rentrèrent dans leur chambre. Mais, avant d'y rentrer, Luisa se retourna et laissa tomber ces mots:
--Michele, dans un quart d'heure, nous partons.
Au bout d'un quart d'heure, la voiture était prête; mais ce ne fut qu'au bout d'une heure que Luisa descendit.
Cette fois, sa physionomie était bien différente. Son visage s'était couvert d'une légère teinte de tristesse, et la flamme de son regard s'était tempérée dans les larmes.
Quoiqu'ils dussent se revoir le lendemain, les adieux des jeunes gens n'en avaient pas moins été tristes. En effet, lorsqu'on s'aime et qu'on se quitte, ne fût-ce que pour un jour, on remet pendant un jour son bonheur aux mains du hasard.
Quelle est la sagesse si profonde qu'elle puisse prévoir ce qui se passera entre deux soleils!
Lorsque Luisa descendit, la nuit commençait à tomber et la voiture était prête depuis trois quarts d'heure.
Elle était attelée de trois chevaux; sept heures sonnaient; le cocher promettait d'être de retour à Naples vers dix heures.
Luisa se ferait conduire droit chez les Backer, et suivrait vis-à-vis d'André le conseil que lui avait donné Salvato.