Et un gémissement profond s'échappa du coeur de Luisa.
Michele regarda Luisa et comprit tout: la tristesse de Naples confirmait les soupçons qu'avait fait naître en lui la joie de Salerne.
En ce moment, Luisa entendit des pas dans le corridor de communication. Mais ces pas ne cherchaient point à se dissimuler. Elle releva la tête et écouta avec inquiétude. Dans la situation où elle se trouvait, tout était, en effet, inquiétant.
Bientôt on frappa à sa porte, et la voix de la duchesse Fusco demanda:
--Chère Luisa, êtes-vous chez vous?
--Oh! oui, oui; entrez, entrez! cria Luisa.
La duchesse entra, Michele voulut se lever; mais La main de Luisa le maintint où il était.
--Que faites-vous donc ici, ma belle Luisa, s'écria la duchesse, seule et presque dans l'obscurité, avec votre frère de lait, tandis que l'on vous fait chez moi un triomphe?
--Un triomphe, chez vous, chère Amélie? demanda Luisa tout étonnée. Et à quel propos?
--Mais à propos de ce qui s'est passé. N'est-il pas vrai que vous avez découvert une conspiration qui nous menaçait tous, et qu'en la dénonçant, non-seulement vous nous avez sauvés tous, mais encore vous avez sauvé la patrie!