De Cesare entra donc à Lecce avec une force imposante.
Andreoli s'était retiré dans le château et s'y était enfermé; de Cesare le fit sommer de se rendre, et, sur son refus, donna l'ordre d'attaquer.
La résistance ne fut pas longue. Aux premiers coups de fusil, la garnison ouvrit une porte sur la campagne et s'enfuit par cette porte.
Cette victoire, quoique facile, n'en avait pas moins une grande importance. C'était la première rencontre qui avait lieu entre les royalistes et les républicains, et, aux premiers coups de fusil, les républicains avaient cédé la place.
Nous répétons avec intention: aux premiers coups de fusil, car on n'avait pas pu se servir des canons. On avait de l'artillerie et pas d'artilleurs.
La joie fut grande. Toutes les cloches de Lecce et des environs se mirent en branle pour célébrer le triomphe de monseigneur le duc de Calabre, et l'on illumina la ville à giorno.
Le lendemain de la prise de Lecce, on vit arriver fra Pacifico, attiré par le bruit des cloches. Il avait accompli fidèlement et intelligemment sa mission dans les deux villes, et rapportait à la fois du bon et du mauvais.
Le bon était que Tarente était prête à ouvrir ses portes sans coup férir.
Le mauvais était que Martina était prête à se défendre jusqu'à la dernière extrémité.
On résolut alors de diviser la petite armée en deux troupes. L'une de ces troupes, sous la conduite de Boccheciampe, rallierait complétement Tarente au parti bourbonien; l'autre, sous la conduite de Cesare, marcherait lentement sur Martina, de manière à être rejointe par la colonne de Boccheciampe avant d'être arrivée sous les murs de la ville.