Falsetta, entraîné par les conseils de Vinciguerra, fit part de la proposition à Capriglione, qui l'accepta.

Les hommes, on le comprend, ne résistèrent point où avaient succombé leurs chefs.

Un matin, monseigneur Serrao, étant encore au lit, vit ouvrir sa porte, et Capriglione, son fusil à la main, apparaissant sur le seuil de sa chambre, lui dit sans autre préparation:

--Monseigneur, le peuple veut votre mort.

L'évêque leva la main droite, et, faisant le geste d'un homme qui donne sa bénédiction:

--Je bénis le peuple, dit-il.

Sans lui laisser le temps de rien ajouter à ces paroles évangéliques, le bandit le coucha en joue et fit feu.

Le prélat, qui s'était soulevé pour bénir son assassin, retomba mort, la poitrine percée d'une balle.

Au bruit du coup de fusil, le vicaire de monseigneur l'évêque Serrao accourut, et, comme il témoignait son indignation du meurtre qui venait d'être commis, Caprioglione le tua d'un coup de couteau.

Ce double assassinat fut presque immédiatement suivi de la mort de deux des propriétaires les plus riches et les plus distingués de la ville.