--Votre ami vous en prie.
--Eh bien, sire, le mot de l'énigme, qui est pour Votre Majesté seule, comprenez bien...
--Pour moi seul, c'est convenu.
--Eh bien, le mot de l'énigme est que, quand, pour un grand projet, j'ai besoin d'un prince héréditaire, et que le roi est assez ennemi de lui-même pour ne pas vouloir me le donner...
--Eh bien? demanda le roi.
--Eh bien, j'en fabrique un! répondit le cardinal.
--Oh! pardieu! dit le roi, voilà du nouveau. Vous allez me dire comment vous vous y prenez, n'est-ce pas?
--Bien volontiers, sire. Seulement, accommodez-vous confortablement dans un fauteuil, comme dit mon ami Nelson; car le récit est un peu long, je vous en préviens.
--Parlez, parlez, mon cher cardinal, dit le roi s'accommodant, en effet, dans une causeuse; et ne craignez jamais d'être trop long. Vous parlez si bien, que je ne me lasse jamais de vous entendre.
Ruffo salua et commença son récit.