--Et vous êtes le bienvenu, comme toujours.... Voyons, si philosophe que je sois, je ne serais point fâché de chasser les Français de Naples et de faire pendre quelques jacobins sur la place du Mercato-Vecchio. Qu'y a-t-il à faire, mon cher cardinal, pour arriver à cela?... Entends-tu, Jupiter, nous allons pendre des jacobins. Eh! eh! ce sera drôle.

--Ce qu'il y a à faire pour arriver à cela? demanda Ruffo.

--Oui, je désire le savoir.

--Eh bien, sire, il y a à me laisser achever ce que j'ai commencé: voilà tout.

--Achevez, mon éminentissime, achevez.

--Mais seul, sire!

--Comment, seul?

--Oui, c'est-à-dire sans le concours d'aucun Mack, d'aucun Pallavicini, d'aucun Maliterno, d'aucun Romana.

--Comment! tu veux reconquérir Naples seul?

--Oui, seul, avec de Cesare pour lieutenant, et mes bon Calabrais pour armée. Je suis né parmi eux, ils me connaissent; mon nom ou plutôt celui de mes aïeux est en vénération dans les chaumières les plus écartées. Dites seulement oui, donnez-moi les pouvoirs nécessaires, et, avant trois mois, je suis avec soixante mille hommes aux portes de Naples.