--Blessé! blessé seulement! cria à son tour Salvato, et nous allons le venger!

Et, sautant sur le cheval de Writz:

--Chargeons cette canaille, dit-il, et vous la verrez se disperser comme de la poussière au vent.

Et, sans s'inquiéter s'il était suivi, il s'élança sur le pont de la Madeleine, accompagné de trois ou quatre cavaliers seulement.

Une décharge d'une vingtaine de coups de fusil tua deux de ses hommes et cassa la cuisse à son cheval, qui s'abattit sous lui.

Il tomba, mais, avec son sang-froid ordinaire, les jambes écartées pour ne pas être engagé sous sa monture, et les deux mains sur ses fontes, qui étaient heureusement garnies de leurs pistolets.

Les sanfédistes se ruèrent sur lui. Deux coups de pistolet tuèrent deux hommes; puis, de son sabre, qu'il tenait entre ses dents et qu'il y reprit après avoir jeté loin de lui ses pistolets devenus inutiles, il en blessa un troisième.

En ce moment, on entendit comme un tremblement de terre, le sol trembla sous les pieds des chevaux. C'était Nicolino, qui, ayant appris le danger que courait Salvato, chargeait, à la tête de ses hussards, pour le secourir ou le délivrer.

Les hussards tenaient toute la largeur du pont. Après avoir failli être poignardé par les baïonnettes sanfédistes, Salvato allait être écrasé sous les pieds des chevaux patriotes.

Dégagé de ceux qui l'entouraient par l'approche de Nicolino, mais risquant, comme nous l'avons dit, d'être foulé aux pieds, il enjamba le pont et sauta par-dessus.