Le capitaine sauta dans une voiture et se fit conduire à la Favorite.

Le ciel semblait un tapis d'azur, tout brodé d'étoiles; la lune versait sur la ravissante vallée qui conduit à Castellamare des cascades de lumière argentée.

Le capitaine se nomma, dit qu'il arrivait de Naples, porteur de nouvelles importantes.

La reine était en promenade avec lady Hamilton: les deux amies étaient allées sur la plage respirer la double fraîcheur de la nuit et de la mer.

Le roi seul était à la villa.

Foote, qui connaissait la puissance exercée par Caroline sur son mari, hésitait pour décider s'il ne se mettrait point à la recherche de la reine, lorsqu'on vint dire au capitaine que le roi, ayant appris son arrivée, lui faisait dire qu'il l'attendait.

Dès lors, l'hésitation était tranchée: cette invitation du roi était un ordre. Le capitaine se rendit chez le roi.

--Ah! c'est vous, capitaine! dit le roi le reconnaissant; on dit que vous apportez des nouvelles de Naples: sont-elles bonnes au moins?

--Excellentes, sire, à mon avis, du moins, puisque je viens vous annoncer que la guerre est terminée, que Naples est prise, que, dans deux jours, il n'y aura plus un républicain dans votre capitale, et, dans huit jours, plus un Français dans votre royaume.

--Voyons, voyons, comment dites-vous cela? répliqua Ferdinand. Plus un Français dans le royaume, cela va bien,--plus loin nous serons de ces animaux enragés, mieux vaudra;--mais plus un patriote à Naples! Où seront-ils donc? au fond de la mer?