--Personne.
--Diable! diable! Pas même Caracciolo? pas même la San-Felice?
--Personne.
--Mon cher capitaine, je fais mettre les chevaux à la voiture et je pars pour la Ficuzza: vous vous tirerez de là comme vous pourrez. Une amnistie générale, après une pareille rébellion! Ça ne s'est jamais vu. Mais que vont dire mes lazzaroni si, pour les amuser, on ne leur pend pas au moins une douzaine de républicains? Ils vont dire que je suis un ingrat.
--Et qui empêchera qu'on ne les pende? demanda la voix impérieuse de Caroline, qui, ayant appris qu'un officier anglais, porteur de nouvelles importantes, venait d'arriver chez le roi, s'était dirigée vers l'appartement de son mari, était entrée sans être vue et avait entendu le regret exprimé par Ferdinand.
--Messieurs nos alliés, madame, qui ont traité avec les rebelles et qui, à ce qu'il paraît, leur ont assuré la vie sauve.
--Et qui a osé faire cela? demanda la reine avec une telle rage, que l'on entendit grincer ses dents les unes contre les autres.
--Le cardinal, madame, répondit le capitaine Foote d'une voix calme et assurée, et nous avec lui.
--Le cardinal! dit la reine en jetant un regard de côté à son mari comme pour lui dire: «Vous voyez! voilà ce qu'a fait votre créature!»
--Et Son Éminence, continua le capitaine, prie Votre Majesté de prendre connaissance de la capitulation.