--Rompre le traité signé, répondit-elle, et, le traité rompu, réduire les rebelles par la force, s'ils ne se rendent point de bonne volonté.

--Je suis prêt à obéir, dit Nelson; mais, abandonné à mes seules ressources, je ne puis répondre que de mon dévouement, sans pouvoir affirmer que ce dévouement nous conduira au but que la reine se propose.

--Milord! milord! dit Emma d'un ton de reproche.

--Trouvez le moyen, dit l'amiral, je me charge de le mettre à exécution.

Sir William réfléchit un instant. Sa figure sombre s'éclaira peu à peu: ce moyen, il l'avait trouvé.

Nous laissons à la postérité là tâche de juger l'amiral, le ministre et la favorite, qui ne craignirent point, soit pour servir leurs vengeances particulières, soit pour satisfaire les haines royales, d'user du subterfuge que nous allons raconter.

Après que sir William eut exposé son moyen, qu'Emma l'eut soutenu, que Nelson l'eut adopté, voici mot à mot la lettre que sir William écrivit au cardinal.

Nous ne craignons pas de commettre une erreur de traduction, la lettre est en français.

La voici; écrite probablement dans la nuit qui suivit la visite de Micheroux, elle porte la date du lendemain:

«A bord du Foudroyant, dans le golfe de Naples.