--Ah! ah! fit maître Donato; et lui ne t'a pas manqué? Car je présume que c'est lui qui t'a donné ce fameux coup de sabre qui t'a balafré le visage.
--Et celui-ci qui m'a coupé la main, répliqua le beccaïo montrant sa main mutilée et sanglante.
--Oh! oh! voisin, dit maître Donato, laissez-moi panser cela. Vous savez que nous sommes un peu chirurgiens, nous autres.
--Non, sang du Christ! non! dit le beccaïo. Quand il sera mort, à la bonne heure; mais, tant qu'il sera vivant, saigne ma main, saigne. Allons, venez, maître: on vous attend.
--On m'attend? C'est bientôt dit; mais qui me payera?
--Moi.
--Vous dites cela parce qu'il est vivant; mais quand il sera pendu?
--Nous ne sommes qu'à un pas de ma boutique, nous nous y arrêterons, et je te conterai dix ducats.
--Hum! fit maître Donato, c'est dix ducats pour les exécutions légales; mais, pour les exécutions illégales, cela en vaut vingt, et encore je ne sais pas si c'est bien prudent à moi.
--Viens, et je t'en donnerai vingt; seulement, décide-toi; car, si tu ne veux pas le pendre, je le pendrai, moi, et ce sera vingt ducats de gagnés.