Le cardinal la décacheta. Elle contenait les dispositions suivantes:
Le général Bassetti au général Schipani, au Granatello [2].
«Les destins de la République exigent que nous tentions un coup décisif et que nous détruisions en un seul combat cette masse de brigands agglomérés au pont de la Madeleine.
»En conséquence, demain, au signal qui vous sera donné par trois coups de canon tirés au Château-Neuf, vous vous dirigerez sur Naples avec votre armée. Arrivé à Portici, vous forcerez la position et passerez au fil de l'épée tout ce que vous trouverez devant vous. Alors, les patriotes de San-Martino feront une descente en même temps que ceux du château del Carmine, du Château-Neuf et du château de l'Oeuf. Pendant que nous les attaquerons de trois côtés différents et de front, vous tomberez sur les derrières de l'ennemi et les exterminerez. Toute notre espérance est en vous.
»Salut et fraternité.
»BASSETTI.»
Note 2:[ (retour) ] Nous répétons, pour la dixième fois, que ce qui est lettre ou ordre est toujours copié sur la pièce officielle.
--Eh bien, demanda le patron de la barque en voyant que pour la seconde fois le cardinal relisait la lettre avec plus d'attention encore que la première, la Malaga est-elle toujours Malaga, Votre Éminence?
--Oui, garçon, répondit le cardinal, et je vais te le prouver.
Se tournant alors vers le marquis Malaspina: