Les condamnés sortirent de la salle où ils avaient été mis en chapelle, traversèrent la chambre où la messe leur avait été dite, et commencèrent d'entrer dans le corridor, le bourreau en tête.

Ils marchaient dans la disposition qui, sans doute, était celle dans laquelle ils devaient être exécutés:

Cirillo d'abord, puis Manthonnet, puis Michele, puis Éléonor Pimentel, puis Ettore Caraffa.

Chacun des condamnés marchait entre deux bianchi.

A la porte de la prison donnant dans la cour s'étendait une double file de soldats, allant de cette première porte à la seconde, qui débouchait sur la place de la Vicaria.

Cette place était encombrée de peuple.

A l'aspect des condamnés, une formidable rumeur s'éleva de la foule:

--A mort, les jacobins! à mort!

Il était évident que, sans la double file de soldats qui les protégeait, ils n'eussent point fait cinq pas dans la rue sans être mis en pièces.

Des couteaux brillaient dans toutes les mains, des menaces dans tous les yeux.