--Je ne demande pas mieux, dit San-Felice, qui pensa tout de suite au parti qu'il pouvait tirer de ce protecteur de bas étage. Et de qui dépend sa nomination?

--Sa nomination dépend du chef de la police.

--T'es-tu déjà adressé à lui?

--Oui; mais, vous comprenez, Excellence, il faudrait pouvoir... (et il fit le geste d'un homme qui compte de l'argent), et je ne suis pas riche.

--C'est bien: tu feras une demande et tu me l'adresseras.

--Excellence, dit le geôlier en chef en tirant un papier de sa poche, pendant que vous étiez dans la chambre de la prisonnière, j'ai rédigé ma demande, pensant que vous seriez assez bon pour vous en charger.

--Je m'en charge, en effet, mon ami, dit le chevalier, et il ne dépendra pas de moi que tu n'obtiennes ce que tu désires. Si tu as besoin de moi, viens chez Son Altesse royale le duc de Calabre et demande le chevalier San-Felice.

Et, mettant la pétition dans sa poche, le chevalier prit congé de son protégé, sortit de la forteresse et se dirigea vers la place des Quatre-Cantons, où, on se le rappelle, il avait rendez-vous avec le faux capitaine américain.

Celui-ci l'attendait, et, en l'apercevant, marcha droit à lui.

Tous deux s'abordèrent en s'interrogeant.