A l'une de ses extrémités était un anneau tout préparé, destiné à être passé dans la partie verticale du barreau scié par Salvato et restés adhérente et scellée à la muraille.
Salvato fit, de distancé en distance, des noeuds à la corde, noeuds destinés à servir de point d'appui à ses mains et à ses genoux.
Puis il sortit de la chambre et parcourut le corridor jusqu'à l'endroit où il aboutissait à l'escalier.
Là, penché sur la lourde rampe de fer, l'oeil interrogeant les ténèbres, l'oreille interrogeant le silence, il demeura un instant immobile et sans respiration.
--Rien!... murmura-t-il avec une expression de joie et de triomphe.
Et, revenant vivement sur ses pas, il rentra dans la chambre, retira la clef de la porte, la referma en dedans, paralysa le serrure en y glissant trois ou quatre clous, prit Luisa dans ses bras, la pressa contre son coeur en lui recommandant le courage, fixa l'anneau à la tige de fer, lia, de peur qu'elles ne se desserrassent par le poids, l'une à l'autre les deux mains de Luisa, et l'invita à lui passer les deux bras autour du cou.
Seulement alors, Luisa comprit le mode d'évasion que comptait employer Salvato, et le coeur lui faillit à l'idée qu'elle allait être suspendue dans le vide, et qu'il lui faudrait descendre de trente pieds de haut suspendue au cou de son amant, qui n'aurait lui-même d'autre appui que la corde.
Cependant, sa terreur fut muette. Elle tomba à genoux, leva au ciel ses mains liées par le mouchoir, fit à voix basse une courte prière à Dieu, et se releva en disant:
--Je suis prête.
En ce moment, un éclair sillonna les nuées, épaisses et basses, et, à la lueur de cet éclair, Salvato put voir de grosses gouttes de sueur sillonner le visage pâle de Luisa.