Le pénitent le suivit, tira la porte sans la fermer, mais suffisamment pour dérober la prisonnière aux regards curieux.

Nous avons dit quelle était la puissance des bianchi et comment leur protection s'étendait sur les derniers moments des condamnés, qui n'appartenaient au bourreau que lorsqu'ils avaient levé la main de dessus l'épaule du patient et qu'ils avaient dit à l'exécuteur: Cet homme (ou cette femme) est à toi.

Le pénitent descendit lentement les marches de l'escalier, et, tirant des ciseaux de dessous sa robe, s'approcha de Luisa en les lui montrant.

--Vous ou moi? demanda-t-il.

--Vous! oh! vous! s'écria Luisa.

Et elle se tourna vers lui, de manière qu'il pût accomplir cette suprême et funèbre tâche qu'on appelle la toilette du condamné.

Le pénitent étouffa un soupir, leva les yeux au ciel, et l'on put voir, à travers l'ouverture de son masque de toile, de grosses larmes rouler de ses yeux.

Puis il réunit le plus doucement qu'il put, de sa main gauche, la luxuriante chevelure de la prisonnière en une seule poignée, et, glissant, de la main droite, les ciseaux entre sa main gauche et le cou, en prenant toute précaution pour que le fer ne le touchât point, il coupa lentement cet ornement de la vie, qui devenait un obstacle à l'heure de la mort.

--A qui voulez-vous que ces cheveux soient remis? demanda le pénitent lorsque les cheveux furent coupés.

--Gardez-les pour l'amour de moi, je vous en supplie! dit Luisa.